Le Mexique récupère une pièce archéologique olmèque disparue depuis plus de 40 ans

October 1st, 2015  |  Published in Culture, Feature

L’ambassadeur du Mexique en France, Agustín García-López Loaeza, a présidé le 24 septembre dernier à l’Institut Culturel du Mexique à Paris la cérémonie durant laquelle le Mexique a récupéré le pétroglyphe connu sous le nom de « Bajorrelieve Olmeca de Xoc » (bas-relief olmèque de Xoc), découvert à la fin des années 1960 dans la municipalité d’Ocosingo, Etat du Chiapas.

Au cours de cette cérémonie, l’Association des amis du Mexique en France (AAMF), qui a servi d’intermédiaire, a remis au représentant du gouvernement du Mexique ce monument archéologique, en présence d’un représentant de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire.

Le bas-relief a été élaboré durant la période préclassique méso-américaine (1200-1400 av. J.-C.). Il est représentatif du style sculptural olmèque et confirme la présence de groupes de cette filiation culturelle en dehors de la zone où est née la culture olmèque (principalement située au sud de Veracruz et dans une partie de Tabasco). Il convient de rappeler que les olmèques sont considérés comme la mère de la culture de la Mésoamérique.

Ce bas-relief monumental a été extrait du noyau pierreux dans lequel il a été fabriqué, au début des années 1970, de façon illicite et sorti du territoire national mexicain.

Le bas-relief de Xoc a été étudié dans son emplacement d’origine, comme le démontre la revue The Olmec Rock carving at Xoc, Chiapas, Mexico publiée par la New World Archaeological Foundation en 1973, dans laquelle l’auteure, Susanna Ekholm-Miller, a enquêté sur sa disparition et a signalé que cette publication serait probablement « la dernière preuve de l’existence du monument Xoc, lequel a été durement arraché de la roche dans laquelle il se trouvait… » (p. 24). Tant la gravure que le noyau pierreux ont été sévèrement endommagés durant l’extraction de la superficie gravée. Par ailleurs, l’extraction a altéré de façon permanente la physionomie de l’environnement culturel et naturel.

Le bas-relief, qui se trouve dans des conditions optimales, mesure 220 cm de haut, 115 de large et environ 30 cm de profondeur. Il représente un homme debout, vu de profil, vêtu d’une tenue symbolique, portant un masque buccal, une haute coiffe et des pieds en forme de griffes, autant d’éléments qui caractérisent l’iconographie olmèque.

Le gouvernement du Mexique, en tant que dépositaire du patrimoine culturel des sociétés précolombiennes établies dans son territoire actuel, est heureux de récupérer ce vestige archéologique qui revêt une grande importance, afin de le réintégrer au sein de l’héritage culturel de notre pays et de procéder à sa restauration.

La demande d’objets archéologiques perpétue le pillage et le trafic. C’est pourquoi le gouvernement du Mexique exhorte le public en général à s’abstenir de participer au commerce de pièces archéologiques et à encourager leur restitution à l’Etat mexicain.

Cette restitution s’est déroulée avec succès grâce à l’intervention de l’Association des amis du Mexique en France, ainsi qu’aux démarches du ministère mexicain des Affaires étrangères, de l’ambassade du Mexique en France et de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH).