Le Mexique, “nouvelle Chine” pour le secteur manufacturier

June 11th, 2014  |  Published in Économie, Feature

Le Mexique est devenu attractif pour les investissements dans le secteur manufacturier face à la Chine en raison de sa proximité géographique avec les marchés des Etats-Unis, du Canada et de l’Amérique latine ; de la composition démographique de la population ; de la relation étroite dans les processus de production entre les pays de la région nord-américaine et d’un coût plus faible pour la production, selon des experts.

Parmi quelques exemples d’investissements provenant de l’Asie vers le Mexique figurent ceux de General Electric, notamment pour répondre aux besoins de l’industrie minière ; ceux de l’entreprise d’appareils électroménagers Whirlpool et ceux de l’entreprise d’outils électriques Black & Decker.

La situation n’est pas propre aux entreprises à capital américain. D’autres se consacrant à l’éclairage sophistiqué, comme Phillips, d’origine hollandaise, sont de plus en plus présentes au Mexique. Le dénominateur commun est d’approvisionner le marché des Etats-Unis. Les entreprises asiatiques elles-mêmes arrivent au Mexique avec de nouveaux investissements.

C’est le cas de Johnson Electric, une société spécialisée dans les sous-systèmes de motorisation. Il s’agit de la première entreprise chinoise à s’implanter à Zacatecas. Elle a démarré ses activités en 2012, créant 500 emplois directs et devrait ouvrir une nouvelle usine en octobre 2014, a signalé Alicia Buenrostro Massieu, consul du Mexique à Hong Kong.

« Des compagnies installées à Shenzhen et à Hong Kong font face à un coût de la main-d’œuvre plus élevé, à l’inflation et à une augmentation du prix des carburants », a précisé Alicia Buenrostro.

Pourquoi le Mexique et pas la Chine ?

Pour Francisco Espinosa, spécialiste en logistique et directeur de la chaîne d’approvisionnement chez Mondelez Internacional, une multinationale du secteur de l’agroalimentaire qui est sur le point d’inaugurer une usine à Nuevo León pour fournir le marché nord-américain, la réponse est simple « les entreprises veulent gagner du temps, réaliser des économies sur les stocks, se rapprocher du marché nord-américain », le Mexique est donc la solution.

Dans la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales pour ravitailler les Etats-Unis, le Mexique est attractif pour l’implantation d’usines et de centres logistiques.

En ce sens, des investissements chinois devraient migrer vers l’Amérique du Nord (Etats-Unis, Mexique et Canada), a expliqué Miguel Toro, chercheur au Centre de recherche pour le développement (CIDAC, en espagnol).

« Les coûts de production dans le monde ont changé de façon considérable au cours de ces dix dernières années ; le Mexique est dorénavant moins cher que la Chine ; le Royaume-Uni bénéficie du coût le moins onéreux en Europe occidentale ; de nombreux marchés émergents connus pour leurs faibles coûts  sont maintenant plus chers que les Etats-Unis », d’après un rapport du Boston Consulting Group, qui étudie les coûts de la main-d’œuvre, du gaz naturel et de l’électricité.

Sur les 25 nations qui exportent le plus dans le monde, le Mexique offre un prix inférieur à celui de la Chine en matière de production manufacturière.

Par ailleurs, en 2015, la force de travail mexicaine augmentera de 21% alors que celle de la Chine diminuera de 26%.